Résumé du Dit du Genji Les lieux associés à Uji-Jujo
 
Le Dit du Genji (Genji monogatari) est un roman-fleuve composé de 54 « livres » ou rouleaux individuels, qui a été écrit au Japon au début du XIe siècle, vers le milieu de l'époque de Heian.
L'histoire, dont l’auteur est une femme connue sous le nom de Murasaki-shikibu, est un chef-d'œuvre qui relate la vie d'un prince impérial. Ce roman a eu une influence considérable sur les œuvres littéraires postérieures et il continue d'être révéré de nos jours.
Le Dit du Genji est divisé en trois parties distinctes. La première partie, qui comprend 33 chapitres ou « livres », commence avec la naissance du Prince Genji (Genji le Radieux, ou Hikaru Genji) et s'attache à rapporter ses prouesses jusqu'à l'apogée de son pouvoir. La deuxième partie comporte huit chapitres et va jusqu'à la fin de la vie du Genji qui s'achève dans le déclin et la misère. Les 13 chapitres de la troisième partie relatent la vie de son fils, le Commandant Suave (Kaoru), et sont entremêlés d'histoires d'amour et de tragédies.
Se déroulant principalement dans la région d'Uji, les dix derniers chapitres sont en fait appelés les « dix livres d'Uji » ou Uji-Jujo.
La ville d'Uji constituant un lieu de villégiature pour la noblesse de Heian, ses environs comptaient de nombreuses betsugo (villas). Uji n'était pas seulement un endroit renommé pour la navigation de plaisance et les magnifiques couleurs des feuillages d'automne ; il s'agissait également d'une destination religieuse où se rendaient les visiteurs en quête de paix spirituelle. La forte atmosphère religieuse de la ville résidait principalement dans le fait que c'était le lieu de sépulture du clan Fujiwara, dont la prospérité atteignit son apogée au milieu de l’époque de Heian.

La plupart des villas incluaient un petit temple spécialement construit pour abriter une représentation de Bouddha ou d'un dieu protecteur. Les nobles s'y recueillaient et priaient longuement. Le célèbre temple de Byodo-in, site classé au patrimoine mondial, était à l'origine l'une de ces villas. Fujiwara no Yorimichi avait reçu la construction de son père, Fujiwara no Michinaga, et l'avait transformée en temple — mais cela est quelque peu postérieur à la date supposée de l'écriture du Dit du Genji. Par ailleurs, le mot Uji a longtemps été utilisé comme kakekotoba (mot pivot) dans la poésie japonaise waka et peut signifier à la fois le lieu (Uji) et « mélancolie ». Par-delà le fait qu'Uji ait été un lieu familier de la noblesse de l'époque de Heian, ces caractéristiques expliquent vraisemblablement pourquoi cette ville a été choisie pour servir de décor au roman Le Dit du Genji.

Les dix livres d'Uji commencent par « Hashihimé » (Les jouvencelles du pont) et finissent par « Yumé no ukihashi » (Le pont flottant des songes). Le transfert spatio-temporel de Kyoto à Uji et du Genji à son fils Kaoru est symbolisé par le hashi (pont). Les éléments de contraste entre Kyoto et Uji, tels que « vitalité et tranquillité » et « shigan et higan » (ce monde et l'autre monde ou « rivage »), ont également été ajoutés pour représenter le passage du récit du « printemps à l'automne » et du « jour à la nuit ».
Le Dit du Genji est lu et transmis depuis plus de 1 000 ans. Son auteur, Murasaki-shikibu, fait dire au protagoniste du roman, le Genji, que « l'intention de transmettre à la postérité ce que l'on a vu et entendu crée une fiction précisément empreinte de vérité. » C'est ce concept qui a pu faire que ce roman-fleuve, caractérisé par sa portée universelle, soit compréhensible à toute époque.

Il ne reste malheureusement plus aucune trace du manuscrit original de Murasaki-shikibu. Toutefois, un grand nombre de copies manuscrites et de commentaires furent produits peu de temps après son écriture et jusqu'à aujourd'hui, où de nombreuses traductions en langue moderne et diverses bandes dessinées se rapportant à cette histoire ont été publiées. Notre musée possède plus de 3 000 publications différentes concernant Le Dit du Genji, parmi lesquelles des copies manuscrites et des commentaires anciens. L'année 2008 marque le millénaire de l'apparition des premières références au Dit du Genji, un conte qui ne manquera pas d'enchanter un grand nombre de personnes dans le futur, tout en continuant d'influencer divers genres littéraires.
Née vers la première année de Tenen (973), Murasaki-shikibu était la fille de Fujiwara no Tamétoki, spécialiste renommé de poésie chinoise et haut fonctionnaire de la Cour. Son arrière-grand-père était Fujiwara no Kanésuké (Moyen Conseiller Tsutsumi), un célèbre poète de waka du milieu de l'époque de Heian. Ayant perdu sa mère très tôt, elle fut élevée sous l'influence totale de son père. C'est à la mort prématurée de son époux, emporté par une maladie après trois ans de mariage, qu'elle aurait commencé à écrire Le Dit du Genji, afin de surmonter sa perte et son chagrin.
Suite au très grand succès de son œuvre, elle fut appelée à la cour impériale en tant que nyobo (dame d'honneur) de Chûgû Shôshi, Impératrice de l'Empereur Ichijô et fille de Fujiwara no Michinaga, le noble le plus influent et le plus puissant de l'époque. Une nyobo était une dame de cour (nyo) qui disposait d'une chambre privée (bo) sur place. Il semble que Murasaki-shikibu ait été la préceptrice et la dame de compagnie de l'Impératrice.
On ne connaît pas le véritable nom de Murasaki-shikibu, mais c'est bien elle l'auteur du Murasaki no monogatari, connu aussi sous le titre de Genji monogatari (« Le Dit du Genji »). Son père, Tametoki, avait occupé les fonctions de Shikibu no jô (Secrétaire du Ministère des Rites), ce qui explique peut-être en partie le nom de Murasaki-shikibu.